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  Jasmine Narcisse
Mémoire de femmes
préface
     
 
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Parler d’une femme est déjà difficile, parler des Femmes en étant soi-même une, est une gageure, que l’UNICEF nous a demandé de relever, afin d’introduire près du public le beau livre sur la Femme haïtienne présenté sous le titre évocateur de “Mémoire de Femmes”.

Elles sont nombreuses les Femmes haïtiennes qui ont l’honneur de figurer dans ce recueil. Courtes biographies; brefs résumés de parcours parfois paisibles, plus souvent tumultueux; évocations succintes de productions littéraires ou artistiques, oui, elles sont nombreuses celles dont les figures ont mérité d’être évoquées ici. Mais plus nombreuses encore sont celles qui eussent dû l’être et ne l’ont pas été, faute de temps, de documentation ou de possibilités de contacts.

C’est pourquoi dans cette présentation, nous ne citerons aucun nom. Celles qui figurent à ce palmarès ont, certes, marqué la vie haïtienne dans ses manifestations littéraires, artistiques, éducatives, caritatives, politiques, familiales et nous en passons. Toutes méritent de se voir appliquer la phrase du poème de Paul Eluard, placé en exergue de cet ouvrage:
“Sœurs d’espérance, O femmes courageuses
Contre la mort vous avez fait un pacte”

Et c’est à un autre poète, Charles Péguy, fils illustre d’une humble paysanne, rempailleuse de chaises, que nous devons la plus belle évocation du rôle de la Femme éternelle:
“Vous qui prenez le lin pour essuyer la lampe
Et la mettre au milieu de la table servie
Vous qui prenez le lin pour essuyer la lampe
Et qui rangez la table et qui rangez la Vie.”

Que de tables servies par la Femme haïtienne dans son obscur labeur quotidien, dans le constant sacrifice de soi pour sa famille, ses enfants ou ceux des autres.

Que de Vies rangées par celles qui ont lutté publiquement, de toutes leurs forces physiques ou morales, par la plume ou par l’action sociale, pour améliorer le statut de vie de leurs sœurs de misère et de leurs familles démunies ou éprouvées.

A tous les avant-postes où l’on s’est battu pour qu’enfin “la Vie triomphe”, mères, filles, sœurs, épouses, compagnes, enseignantes, bénéficiaires ou inspiratrices de grandes œuvres ou de grandes choses, on vous retrouve partout “O Sœurs d’espérance”, à tous les créneaux où le cœur, la vaillance, le dévouement, l’abnégation, la constance, sont requis dans une offrande quotidienne, dans une oblation toujours recommencée.

O vous Femmes d’Haïti, les anonymes, les obscures comme les célèbres ou les glorieuses, pour tous les prodiges que vous avez accomplis et que vous réalisez encore, chaque jour, par le Miracle de votre Amour,

O Femmes de mon pays, soyez remerciées!

 

Paulette Poujol-Oriol
Présidente de la Ligue féminine d’action sociale
Février 1997

 
     
 
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